[Rien] « Ca doit être génial d’être un oiseau… »

Ce qui va suivre n’est rien de plus qu’une pensée couchée sur un papier virtuel. Un écrit qui ne signifie rien. Il est juste le reflet d’un songe, dont l’origine est liée à une douce vibration de l’air, plus communément appellée musique. Cette idée est née de l’écoute du premier titre du dernier essai de Lowercase Noises James. N’y voyez surtout rien de trop personnel.

Pour comprendre cette histoire, le mieux est de la découvrir en même temps que ce titre, lentement, à la vitesse de votre respiration…

 

Tu n’étais rien.

Toute ta vie, tu as ressenti ce malaise, cette différence. Un peu comme si tu étais un produit mal conçu. Tes propres idées étaient noires, pas malsaines, mais sans espoir. Tu ne croyais pas à la suite, au lendemain, aux jours meilleurs et toutes ces conneries. Et alors même que tu as décidé de survivre, tu es parti.

 

Tu étais invisible
Tu n’étais pas rayonnant, mais tu étais entouré. Ton apprentissage de la vie était rapide, car tout t’intéressait. Tu as cru en l’être humain et en la possibilité de voir du bon chez chacun. Tu as supposé que tu pouvais changer les choses, mais tu as fini par grandir et comprendre que tu avais tort. Ce monde dans lequel tu évoluais est corrompu. Corrompu et mourrant. C’est la déduction la plus logique, le résultat le plus probable, à la question qui t’animait. Pourquoi vivre sur Terre, pourquoi survivre ?

 

Tu ne voulais pas être premier
Et tout ce temps, tu as poussé l’autre à se surpasser pour toujours aller vers les étoiles. Tu ne t’es jamais éloigné de ton principe. Solidaire. Nous avançons ensemble, nous reculons ensemble. Tu n’as jamais laissé tomber. Jusqu’à ce jour. Tu étais plein de faiblesses, et tu le savais, mais ne le montrait pas. Sûr de toi, tu ne faillissais jamais devant qui que ce soit. Tu le faisais seul. Dans l’ombre de la nuit, sous la couverture qui masquait tes sanglots.

 

Tu étais un paradoxe
Car si tu étais toujours présent pour ton entourage, tu n’étais pas capable de les satisfaire pour autant. Tu n’étais doué en rien. Incapable de cuisiner convenablement, incapable de t’acheter des fringues ou des chaussures, incapable de faire de la peinture… Personne n’a jamais compté sur toi pour quoi que ce soit. Tu ne proposais même plus ton aide, car tu savais qu’elle était inutile.

 

Tu as subi ton pire échec
Ce jour-là, alors que ta vie était bancale, tu as basculé dans ce que tu détestais le plus. La violence. La violence physique comme réponse à une grande souffrance morale. La pire erreur de ta vie. Celle qui a conditionné ton départ. Cette femme que tu aimais de tout ton coeur, et avec qui tu te déchirais tous les jours, attendait ton enfant. C’est une dispute de trop qui a condamné une vie. C’est cette dispute de trop qui vous a séparé et qui t’a noyé dans le chagrin depuis tout ce temps. C’est la plus grosse erreur que tu aies jamais commis, et tu ne t’en es jamais remis.

 

Tu étais blessé
Mais ce n’est pas arrivé seul. Cette mutilation, ce handicap, tu en étais la principale cause. Parce qu’un jour, ta colère a éclaté et qu’elle s’est manifestée en grande violence, tu as perdu la possibilité de poursuivre dans la seule direction qui semblait de canaliser. Tu n’as plus jamais joué de musique. Ton être a fondu à ce moment précis. Tu étais déjà mort.

 

Tu ne te supportais pas
Tu avais mal, mais tu ne te donnais pas le droit de le montrer. Tu devais avoir l’air d’aller bien, alors tu fermais ta gueule et tu gardais cette sensation de mal-être pour toi. Personne n’aurait pu comprendre les raisons de ces plaintes. Et tu n’osais simplement pas leur dire que tu te sentais seul. Lassé par la solitude, tu as pris la décision d’en finir.

 

Tu es parti
C’est en artiste que tu as imaginé la meilleure façon de te donner la mort. L’écriture. Tu as couché sur le papier toute ta vie, et tous les regrets que tu portais en toi, en demandant le pardon. C’est en te remémorant toutes ces années d’errance que tu as aperçu quelques lueurs. De l’espoir, celui que tu avais enterré très profondément, avec ta dignité. C’est à ce moment précis que tu as décidé de ne pas en finir, de rester en vie et de prouver au monde que le destin est une chimère, et que seul tes actes te définissent.

 

Et c’est en traversant une rue, alors que tu comptais dévoiler ton amour à celle qui hantait tes nuits, que tu as été percuté par une voiture. Tu n’as pas eu le droit à un dernier mot. Tu as juste pu regarder le ciel une dernière fois, pendant que tu gisais là, sur le bîtume, en te disant que ça devait être génial d’être un oiseau.

 

Tu aurais dû être plus qu’une mémoire.

Apoc

J'aime le piment d'espelette.

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