[PC] X4: Foundations, donnez moi de l’espace !

Note d’Apoc : Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, je vais partager sur Altered-Reality un article écrit par Zephyriel et publié sur un forum privé. Cet article dont le contenu et la qualité m’ont fait drôlement envie concerne un jeu dont la sortie avait été grandement décriée, tant les soucis techniques et les bugs étaient légion. Tiens, c’est marrant, ça me rappelle un autre jeu… *regarde discrètement vers No Man’s Sky* Ce jeu, c’est donc X4: Foundations. Je remercie évidemment Zephyriel de m’avoir permis de partager son article ici.

Vétéran d’Elite: Dangerous, quelque peu désabusé du côté grindy du jeu, de l’impact insignifiant qu’on a sur son univers, et de la faible marge de progression – au-delà de l’acquisition d’un plus gros vaisseau -, je passe depuis plusieurs semaines mon temps sur une autre simulation spatiale (solo/offline) qui me comble totalement : X4: Foundations, avec son expansion Split Vendetta.
Sans plus attendre, prenez un café et installez-vous confortablement. Je vais essayer d’agrémenter ce post de quelques GIFs pris en off-screen avec mon téléphone. Pardonnez leur faible qualité, mais il est difficile de trouver des GIFs sur ce jeu, et de surcroît, je les ai initialement compressés pour pouvoir les poster sur Discord. La première partie du post est une présentation, superficielle et non exhaustive, des possibilités du jeu, vous pouvez si vous souhaitez attaquer directement la seconde, récit de quelques-unes de mes aventures (avec les vilains GIFs !).

Je vais partir du principe que vous ne connaissez pas la série. Alors, oui, en préface : ce n’est pas du AAA, ça n’a pas le polish d’un Elite et il y a des bugs, mais c’est très loin du bordel que ça a pu être à la sortie, et ça fonctionne aujourd’hui très bien après les nombreux patchs…
Et ça a quand même de la gueule, comme vous pourrez en juger.
Il est communément admis avec la série X qu’il faut attendre environ un an après la sortie pour avoir un truc qui tourne sans accroc. Quand vous aurez lu cette présentation, vous comprendrez à quel point le fait que le jeu fonctionne avec seulement des soucis mineurs représente un accomplissement impressionnant, compte tenu de sa complexité sous-jacente hors normes. Et oui, c’est un jeu très profond qui demandera de nombreuses heures d’apprentissage pour en découvrir tous les aspects ; mais on s’amuse dès le début, et l’apprentissage se fait à mesure que l’on découvre les possibilités « ah ouais, ? On peut aussi faire CA ? ».
X4 est également mod friendly, et j’en utilise d’ailleurs une bonne quinzaine pour rendre mon expérience plus riche et plus confortable.

Malheureusement, les critiques que l’on peut trouver sont plutôt médiocres, car elles se limitent à juger le jeu le jour de sa sortie en se concentrant sur les bugs, et n’ayant jamais été mises à jour après les multiples patchs et ajouts. Alors que des quasi vaporware comme Star Citizen font l’objet de news hebdomadaires sur les plus gros sites, X4 a fait son petit bonhomme de chemin dans l’indifférence la plus totale de la presse mainstream – Jeuxvideo.com ne l’a même pas testé -, devenant un jeu tout à fait solide et digne d’intérêt pour qui aime un tant soit peu l’espace, mais injustement condamné à rester dans l’ombre avec l’étiquette « jeu de niche buggé ». Allez, j’enlève la coquille d’œuf fêlée sur ma tête pour vous parler du jeu !

Le Gameplay

X4 peut se jouer comme un Elite: Dangerous, c’est en tout cas ainsi qu’il débute : on pilote un vaisseau à bord duquel on peut combattre, miner, faire du commerce, prendre des missions diverses, ou devenir un pirate partant à l’abordage des victimes pour s’approprier leurs vaisseaux, ou un contrebandier acceptant de sourcer des biens illégaux pour des contacts du marché noir. Le gameplay est très proche d’Elite, avec une manœuvrabilité comparable, des contre-mesures, la possibilité de cibler des composants spécifiques sur les gros vaisseaux, des groupes d’armement, différentes armes plus ou moins efficaces sur la coque ou les boucliers, les tourelles automatiques, la possibilité de couper l’assistance pour piloter en mode «newtonien»… Et bien sûr la prise en charge de tout vote matos de simu : manche, manette de gaz, palonniers, TrackIR, ou simplement manette ou clavier/souris… Mais pas de VR, pour l’instant en tout cas – son mal aimé prédécesseur X Rebirth avait connu une seconde sortie dédiée à la VR. Quand on a assez de fonds, on peut améliorer son vaisseau, ou en acheter un nouveau, parmi de nombreuses classes et tailles.

On ne peut pas s’approcher des planètes, mais on peut atterrir sur les stations. Il est d’ailleurs possible de quitter son siège et descendre de son vaisseau pour se promener en vue FPS sur le pont/cockpit du vaisseau ou, de manière limitée, dans les stations. On peut également faire des sorties en combinaison spatiale pour réparer son vaisseau. On flotte alors dans le vide et on se dirige avec des mini réacteurs (physique newtonienne), Gravity-style. Ces EVA permettent également de récupérer certains objets flottant dans l’espace, ou réparer des soucis techniques sur des stations spatiales. Voire simplement de sortir de son vaisseau pour monter dans un autre que l’on possède… Ce qui nous conduit à un aspect du jeu où X4 commence vraiment à se distinguer d’Elite : il est possible de posséder plusieurs vaisseaux simultanément, et d’attribuer à chacun un pilote à qui on donne des instructions. On peut le rendre plus ou moins autonome, ou le micro-manager à l’envie. Et ce n’est que le premier pas dans ce nouveau monde plus vaste…

X4 propose sans doute la marge de progression la plus hallucinante qu’il m’ait été donné de voir dans un jeu, et qui s’intègre entièrement dans l’aspect 100% systémique du jeu. On commence en simple pilote sans le sou, à bord d’un vaisseau basique, une goutte d’eau insignifiante dans l’océan. Et on finit par devenir tel un dieu pouvant se téléporter dans n’importe quel station ou vaisseau lui appartenant, dirigeant une flotte d’un millier de vaisseaux capable de conquérir ses ennemis ou protéger ses alliés, pouvant accélérer le passage du temps pour voir son empire se développer, contrôlant toute l’économie du jeu et décidant du sort des dizaines des dizaines de milliers de NPCs gérés en temps réel.

C’est là qu’on s’éloigne brutalement d’Elite ou de la plupart des autres jeux en monde ouvert, dans lesquels on rencontre des NPCs aléatoires : dans X4, tout est persistant, tout est lié, tout est dynamique. Chaque vaisseau que l’on croise a une existence persistante dans l’univers du jeu, et un objectif déterminé (patrouille de sécurisation dans un secteur, transport d’une ressource X vers une station Y, etc.). Il n’y a pas de NPC random juste là pour donner l’illusion d’un monde actif et peuplé, disparaissant quand on tourne le dos.

Concrètement, le jeu supporte un système économique basé sur l’offre et la demande, et dont l’aboutissement ultime est la construction de vaisseaux spatiaux. Ces vaisseaux requièrent des composants, qui nécessitent des ressources intermédiaires, etc. jusqu’aux matières premières que l’on peut miner directement dans les astéroïdes. Quand on achète un vaisseau, la station va réellement utiliser les X ressources nécessaires qu’elle a en stock, et, si elle en manque, elle les achètera aux commerçants, qui les récupéreront dans les usines les produisant, elles-même employant des vaisseaux de minage leur fournissant les matières premières. On peut paralyser l’économie d’une des factions en détruisant – ou sabotant discrètement en atterrissant dessus – toutes les stations produisant tel composant essentiel. On peut favoriser l’expansion d’une autre en pourvoyant à tous ses besoins, et la regarder se développer puis conquérir ses voisins, voire éradiquer la menace Xenon.

Si X4 accueille plusieurs factions avec lesquelles on peut devenir allié ou ennemi, les Xenon sont le prédateur commun, une race de machines à l’IA défaillante dont l’unique but est la destruction du vivant. Si on lance une nouvelle partie et qu’on regarde le jeu tourner pendant plusieurs jours, on verra les Xenon conquérir peu à peu l’univers, détruisant les factions sous-équipées sur leur passage. Il tient au joueur de devenir une force capable de permettre aux alliés de se défendre, en les aidant économiquement, et/ou de devenir lui-même une force militaire capable de vaincre les Xenon.

Oui, c’est austère mais ça fait le job et on s’y habitue vite

L’aspect gestion/empire :

Dès que les fonds le permettent, on peut commencer à acheter des vaisseaux de minage/commerce auxquels on va donner des ordres (miner dans tel secteur et vendre au plus offrant par exemple). Le système d’ordre est très souple, on peut même créer un hiérarchie (un leader avec ses défenseurs, ses intercepteurs, ses escadrilles de bombardiers, etc). On peut par exemple se créer une escorte personnelle, ou une équipe de commerce protégés par des chasseurs, ou une escadrille protégeant un secteur commercial des pirates. Tout l’aspect gestion s’effectue sur la carte, utilisant vue RTS schématisée avec des icônes représentant les vaisseaux et stations.

Une fois son équipe de mineurs et de camionneurs de l’espace en place, et générant un flux de profits de façon autonome, on peut alors cesser de micro-manager chaque vaisseau et voir un peu plus loin, et commencer à réinvestir chaque denier pour agrandir sa flotte, et augmenter les profits, jusqu’à avoir les millions nécessaires pour construire sa première station spatiale.

Une station comporte des modules utilisant X et Y matières premières pour produire Z biens. On peut faire une station simple, ou faire une méga station qui produit tout. La construction s’apparente à du Lego, avec des points d’attache pour chaque pièce. Une fois votre station prête, vous lui attribuez des mineurs pour l’approvisionner, et des commerçants pour faire circuler les produits. La station «ultime» est celle qui va produire des vaisseaux. Quand on en arrive là, les millions coulent réellement à flot, et on peut utiliser la station pour fabriquer sa propre flotte pour zéro coût – à supposer que l’on maîtrise toute la chaîne de production depuis les matières premières.

Ma plus grosse usine en cours de construction, depuis l’interface de design

Le sentiment de progression est incroyable. Je me souviens du moment où j’ai posé le pied sur ma première station – qui semble petite dans l’éditeur, mais qui apparaît gigantesque quand on se tient dessus -, et regardé les vaisseaux atterrir et décoller les uns après les autres. On ressent l’impact qu’on a sur le monde du jeu quand on voit ses «employés» bosser, ou les NPCs vers acheter les marchandises qu’on propose. Je me souviens aussi m’être tenu pour la première fois sur le dock de mon porte avion, ma flotte de chasseurs posés dessus en attente de leurs ordres.

C’est la guerre !

Voilà pour moi la partie la plus excitante du jeu. L’aboutissement de toute la partie gestion en quelque sorte. Le jeu propose un certain nombre de lignes de quêtes principales amenant à découvrir divers aspects du gameplay, mais dans son essence ça reste une sandbox qui compte sur le joueur pour se fixer ses propres objectifs. Et ma mission, pour le moment, est claire : supprimer les Xenon de la galaxie. Ceux-ci possèdent plusieurs QGs indépendants à différents endroits de l’univers du jeu, il s’agit donc de conquérir leurs systèmes un par un, en détruisant leurs stations tout en se défendant face aux vaisseaux qui les protègent.

Une fois que j’aurai éliminé les Xenon, je vais sans doute prendre parti dans les conflits opposants les factions entre elles. Pour l’instant, je profite d’être allié à tout le monde pour me concentrer sur notre ennemi commun.
Si tout l’aspect gestion s’effectue sur la carte, ce que j’aime faire le plus souvent est de piloter les petits vaisseaux pour mener les bombardements ou défendre les vaisseaux mères, en utilisant la pause active pour donner les instructions à la flotte.

Story time !

Le premier point chaud dans ma partie, les ressources et stations sont répartis plus ou moins aléatoirement à chaque nouvelle partie, était dans le système Ianamus Zura IV, appartenant aux aliens reptiliens vénaux Teladi. J’avais installé une station assez profitable dans le secteur, à proximité du principal hub commercial Teladi, et je m’inquiétais de voir de plus en plus de Xenon arriver par le portail nord de ce secteur. Les différentes zones sont en effet reliées par des portails de saut, qui sont ouverts en permanence et qu’il suffit de franchir pour se retrouver instantanément à leur destination.

J’ai commencé par envoyer un éclaireur en reconnaissance à travers le portail, à qui j’ai fait placer à des points stratégiques des satellites permettant de voir tout le trafic dans un rayon de 30km, me permettant d’anticiper les attaques. J’ai alors positionné devant le portail ma première, et alors unique, flotte, sobrement appelée First Fleet, comportant notamment un porte-avions, plusieurs destroyers et une multitude de chasseurs et bombardiers appuyés par deux vaisseaux de support leur permettant de se ravitailler et de se réparer.
Tandis que la flotte maintenait le blocus sur le portail, j’ai entrepris la construction de deux stations de défense, constituées de dizaines de tourelles pointées sur le portail, prêtes à griller tout ennemi s’aventurant à travers. La défense m’a coûté plusieurs destroyers ainsi qu’un vaisseau de support, affaiblissant déjà la flotte. Une fois les stations terminées, j’ai entamé la traversée du no man’s land Matrix #451 vers le nord, secteur jonché d’épaves de vaisseaux mères et de stations inachevées Xenon et Teladi, jusqu’à son portail nord donnant sur Matrix #9, QG local des Xenon.
A mon arrivée dans ce système, j’ai été accueilli par une flotte de chasseurs. A bord d’un chasseur lourd Dragon Raider de l’escadrille de défense de la flotte, j’ai protégé le portail jusqu’à ce que les derniers vaisseaux capitaux le traversent. Une fois la zone d’arrivée sécurisée, j’ai donné ordre à la flotte de mettre le cap sur la plate-forme de défense Xenon la plus proche.

Dans le même temps, j’entreprenais la constructions d’une seconde flotte dans le secteur Argon Prime, cœur de la principale faction humaine du jeu.
Arrivé à la première station de défense, j’ai ordonné à mes destroyers d’ouvrir le feu, et j’ai pris place à bord d’un vaisseau de mon escadrille de bombardiers lourds Nemesis. Fonçant sur la station pour donner une vélocité maximale à mes tirs de plasma tout en me déjouant des tourelles de défense, j’ai alors vu fondre les défenses Xenon jusqu’à l’explosion de la station.

J’ai ensuite renouvelé l’opération sur deux autres stations de défense. Mais les pertes étaient trop importantes au moment de m’attaquer aux deux chantiers navals, les bâtiments les plus sensibles et aussi les mieux gardés. J’ai donc rabattu les restes de ma première flotte vers le portail, tandis que la deuxième arrivait pour prendre le relais. Une fois celle-ci sur place, j’ai lancé l’assaut vers le premier chantier naval, utilisant la première flotte en protection. Après une bataille épique, il ne me restait plus qu’à poursuivre les petits mineurs Xenon tendant d’entamer la construction de nouvelles stations pour garder une emprise sur le système.

Quelques heures plus tard, mon attention a été attirée sur la carte par une invasion Xenon en cours par le sud-est, s’attaquant à un hub commercial Teladi situé à quelques kilomètres du portail donnant sur la zone hostile. De toute urgence, j’ai mobilisé une flotte vers la zone. Arrivant alors qu’il restait moins de 10% de vie à la station, j’ai sauté à bord d’un chasseur lourd et engagé la flotte pour détruire les attaquant, progressant lentement jusqu’au portail pour y faire blocus et enfin sécuriser le secteur. Au terme de ce sauvetage héroïque et in extremis, j’ai fait venir la nouvellement formée troisième flotte pour traverser le portail et entamer une percée dans la zone contestée se trouvant au-delà, tout en construisant deux stations de défense pour appuyer la flotte gardant le portail.

L’étape suivante fut une traversée épique de la zone, la Third Fleet laissant dans son sillon les carcasses de vaisseaux mères Xenon jusqu’au portail suivant qu’elle garde encore actuellement avec l’aide de la First Fleet, en attendant que je puisse lancer un assaut. En effet, une mission de reconnaissance m’a permis de découvrir qu’il s’agissait du plus gros fief Xenon du jeu, avec pas moins de cinq systèmes sous leur contrôle, dont le plus proche est relié aux deux suivants, ce qui nécessitera une armée conséquente pour pouvoir le conquérir sans se faire surprendre par l’arrière.

A présent, avec environ 120h de jeu, minimum, à la grosse grosse louche, je dispose de cinq flottes. Deux d’entre elles se trouvent donc au sud-est de la carte, tandis que deux autres sont en train d’envahir le nord-ouest, où se trouve un autre fief. La cinquième se rend au nord-ouest pour garder les arrières des deux flottes menant l’assaut.
Dans le même temps, je développe un secteur que j’ai colonisé et où j’ai installé mon chantier naval, entouré d’usines gigantesques produisant les composants pour l’alimenter.

Auparavant désert, le secteur est devenu un hub fourmillant de NPCs apportant leurs ressources et achetant mes vaisseaux. Je réinvestis la moitié des profits dans le développement du secteur, tandis que l’autre moitié va au renforcement de mes flottes.

Une fois que j’aurai conquis le nord-ouest, les trois flottes qui s’y trouvent iront rejoindre les deux autres au sud est pour conquérir le principal secteur Xenon. Avec ces cinq flottes, composées de 100 à 150 vaisseaux chacune, je pense pouvoir en venir à bout.

J’envisage aussi de commencer à fortifier les portails donnant sur mon secteur, car dès que j’aurai commencé à prendre part aux guerres entre les factions, toute une partie de la galaxie va subitement se retourner contre moi. Il faudra que je sois prêt à les repousser. Pour mettre les chances de mon côté, je commencerai par les affaiblir en les mettant sur blacklist, interdisant à mes stations de commercer avec elles, tandis que je renforcerai ma présence dans les secteurs alliés – actuellement, mes stations sont éparpillées un peu partout. Dans le même temps, je prendrai peut-être enfin part aux missions scénarisées (light) que propose la campagne. Tout ça devrait m’occuper pour les quelques prochaines dizaines d’heures…

Si vous êtes arrivé au bout de cet article, félicitations et merci ! Et si X4 vous tente, pour info, le jeu est actuellement en promotion.

Article écrit par Zephyriel pour le forum Background. Merci à lui pour le partage !

Apoc

J'aime le piment d'espelette.

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